Exposition du 5 mai au 25 juin 2022
Que la lumière soit: les cygnes noirs d'Ellen Carey

Que la lumière soit: les cygnes noirs d'Ellen Carey se propose comme un voyage visuel à travers deux siècles de pratique photographique en passant par la lumière, le photogramme, la couleur et le Polaroid. Pour sa deuxième exposition personnelle de l'artiste à la Galerie Miranda, Ellen Carey (née 1952, Etats Unis) présentera les dernières séries de ses deux pratiques historiques et sans cesse en dialogue, Photography Degree Zero (Polaroid 20 X 24 Pulls, 1996-2022) et Struck by Light (Photograms 1992- 2022)
A Paris, Ville Lumière, Carey présente le Crush & Pull with Rollbacks & Penlights : il s'agit d'un nouveau document photographique du 21ème siècle réalisé à partir du négatif monumental du Polaroid 20x24 et qui permet à l'artiste de réinventer la peinture avec la lumière.

Par ce nouveau travail monumental et expérimental, Ellen Carey, l'opérateur de l'appareil  - et peut-être la dernière artiste à faire fonctionner cet appareil mythique - souligne l'importance du Polaroid et son appareil géant le 20X24 comme un élément structurant de la photographie du 20ème siècle. La performance de Carey dans la boite noire de la chambre noire, où elle plisse, froisse, plie et replie le papier photosensible sans savoir ce qui sera révélé au final, fait aussi référence au jeu dessiné des surréalistes, le cadavre exquis. Pour l'exposition Que la lumière soit: les cygnes noirs d'Ellen Carey, 'artiste présente une autre nouvelle création photographique, le Finitogram, une série de feuilles de papier photographiques abandonnées en chambre noire et portant des traces aléatoires de la chimie, sur lesquelles la lumière a agi et dessiné, révélant ainsi des images auparavant latentes.

Comme sa pratique avec le Polaroid, cet objet photographique naît au point zéro d'une chronologie inconnue; il émerge quelque part dans le vide de la chambre noire et se termine abandonné, inachevé. Voyageant à travers le Dada et le surréalisme, rendant visite au ready-made de Marcel Duchamp, le Finitogram d'Ellen Carey existe désormais en soi. Nommé selon l'italien non finito qui signifie une oeuvre inachevée, le Finitogram revisite l'histoire et la pratique du photogramme, inversant la chronologie de sa fabrication. Le Finitogram d'Ellen Carey est un document photosensible au petit format 25x20cm qui ne montre rien et qui naît hors temps, hors lumière et hors auteur. Sans signe photographique - paysage, portrait, nature morte - ni auteur, le Finitogram est le fruit de l'opérateur de l'appareil, ou machiniste selon expression du 19e siècle, du hasard et de l'inconnu, Anon.


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