Exposition collective - Sélection d'été    2 - 29 juillet 2020

La galerie est heureuse de présenter sa prochaine exposition, 'Séléction d'été', d'oeuvres issus du fonds de la galerie et choisis selon les thèmes de la nature et de la beauté des choses simples dont la crise du Covid nous a rappelé l'importance. L'exposition inclut des oeuvres uniques et en édition limitée, certains exposés ici pour la première fois, des artistes Peggy Anderson (USA), Susan Derges (GB), Sally Gall (USA), Gérard Dalla Santa (FR), Mariah Robertson (USA), Terri Weifenbach (USA).

Galerie Miranda, communiqué de presse, sélection d'été 2020 (31 téléchargements)

Artistes et œuvres exposées

Peggy Anderson

Peggy Anderson vit et travaille entre Paris, New York et la Suède. Passionnée par l'image depuis longue date, elle a obtenu en 2013 son diplôme à l'International Center of Photography (ICP) Creative Practice. Son travail tourne autour du rituel et de sa typographie. Son livre "The Morning Dip" a été publié en 2020 par Kehrer Verlag; son travail précédent "Subway readers", des new-yorkais en train de lire pendant leur trajet en métro, a été publié en 2016 et également exposé à Fotografiska à Stockholm. Une sélection de ces images figure dans la collection du Museum of the City of New York. Travaillant avec des appareils analogiques et numériques, Peggy Anderson ne se considère pas comme une portraitiste pourtant le dialogue et l'échange inhérents à ce genre sont au cœur de sa démarche. Ses images sont en partie influencées par son enfance passée dans la campagne suédoise. Voyageuse invétérée, sa sensibilité s’ancre dans l’environnement dans lequel elle se trouve. Peggy Anderson siège au conseil d’administration du The International Center of Photography à New York. Depuis 2012 elle co-dirige la soirée caritative annuelle ICP Spotlights qui rend hommage aux artistes femmes. Elle siège également au conseil d’administration de l'American Friends of Moderna Museet, Stockholm.

The Morning Dip (Ulrika and Agnes)
2016
©Peggy Anderson

Le petit village suédois Tokerov est très connu pour sa jetée, «Morgonbryggan» et sa tradition de baignade matinale dans la mer. Les villageois et les vacanciers de l’été prennent très au sérieux ce rituel sacré qui se pratique seul ou en groupe. Comme tout rituel, des codes tacites sont à respecter, le plus visuel est le choix du peignoir. Pendant six années, Peggy Anderson a photographié à la chambre cette communauté, processus qui lui a permis de mieux comprendre son pays d'origine et sa place en son sein. La série The Morning Dip a été exposée à Torekov et au centre de la photographie Fotografiska à Stockholm. Peggy Anderson vit entre New York, la Suède, et Paris.
" Initialement conçu comme une série de portraits de suédois en peignoirs, dans le petit village balnéaire de Torekov, le projet « The Morning Dip » est devenu, au fil des années, une quête sur mes propres liens avec ce pays où j'ai vécu une partie de mon enfance et où je retourne désormais chaque été". Peggy Anderson

Gérard Dalla Santa

Ses premiers travaux photographiques datent de 1978, il photographie des scènes urbaines, les berges de Seine, des vues sur l’autoroute. Trés sensible à la mobilité et au mouvement, il est marqué par l’influence de la street photography et au polar américain. Dans les années 2000 il s’intéresse à la représentation du travail. Il met l’accent sur les corps et les gestes du travail dans un rapport sensible et poétique. Depuis 1993, en parallèle de son travail en France, Gérard Dalla Santa reprend ses thèmes aux Etats Unis, se confrontant aux références qu’il s’est choisis tels Walker Evans, Lee Friedlander, Robert Adams. En 2015 il obtiendra une bourse du CNAP pour un travail sur la ville de Pittsburgh ou il explore la mémoire de la ville industrielle dans le tissu urbain et saisit le mouvement continuel démolition-reconstruction. C’est au début des années 90 que le paysage deviendra son champ de recherche le plus constant. Il s’intéresse à l’action des hommes transformant le paysage, l’espace mémoire et à l’inscription de la coéxistance des temps. Les régions de son exploration ont été d’abord le Sud-Ouest de la France, l’Ile-de- France, à la lisière de la banlieue et de la campagne et aussi la Pennsylvanie aux Etats-Unis. Pour la publication Les Campagnes Urbaines (Pierre Donadieu, Actes Sud, 1998), Gérard Dalla Santa bénéficie de nombreuses bourses et commandes institutionnelles. Les derniers paysages les lieux deviennent des intéractions entre les êtres vivants et la nature dans un rapport d’immersion qui donnent au paysage une valeur d’usage et l’amarrent dans notre temporalité. Gérard Dalla Santa a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives en France et en Europe et ses oeuvres figurent dans les collections du Centre Pompidou, du Frac Aquitaine, du Frac Midi- Pyrénées, du Fonds National d’Art Contemporain et de la Fondation d’Entreprise Hermès.

Sans-titre Bourgogne, 2015 © Gerard Dalla Santa

Les photographies présentées à la galerie procèdent de ses recherches sur le paysage qui s’inscrit dans une double tradition, celle de la photographie documentaire et celle des peintres paysagistes de plein air (Corot, Courbet, Pissarro et Cézanne...) qui ont pris en compte la topographie des territoires et donné au paysage une dimension historique et collective. Dans ces derniers paysages de bords de rivière la proximité et le quotidien côtoient un lyrique retrouvé. L’artiste joue du pittoresque et de la banalité. Il laisse advenir des figures humaines qui ne peuvent voir la beauté du paysage du fait même quelles en sont immergées. Pour Gérard Dalla Santa ces images ne découlent pas de la nostalgie d’un passé révolu mais participent plutôt à une proposition et à la réparation d’un monde en train de se de défaire.

Sally Gall

Sally Gall vit et travaille à New York et ses photographies figurent dans de nombreux musées et collections dans le monde. Auteure de deux livres monographiques, The Water's Edge (Chronicle Books, 1995) et Subterranea (Umbrage Editions, 2003), Sally publia à l'automne 2019 un troisième ouvrage Heavenly Creatures (PowerHouse Books). Elle est lauréate de nombreux prix et bourses dont, à deux reprises, le MacDowell Colony Fellowship, et puis une résidence à la Rockefeller Foundation Bellagio Residency.

Medusae, 2018 © Sally Gall
Sally Gall capte l'envolée de tissus et objets en papiers qui sont normalement lestés au sol par de fils délicats. Transformés par le mouvement et l'envolée, ces objets du quotidien célèbrent la couleur et prennent des formes organiques, abstraites et anthropomorphes, évoquant des animaux marins, des constellations, des fleurs ou bien des cellules microscopiques, "Heavenly Creatures continue mon enquête sur les propriétés sensuelles de la nature (lumière, air, vent) et notre interaction avec elles. Je suis à la recherche de la poésie de tous les jours, et le miraculeux dans l'ordinaire"– Sally Gall

Mariah Robertson

Diplômée d'UC Berkeley et de Yale University, Mariah Robertson expose son travail dans de nombreux musées et institutions publiques et privés dont l'International Center of Photography (NY), le Museum of Modern Art (New York), le Heckscher Museum of Art (New York), le BALTIC Centre for Contemporary Art (UK); le MoMA/PS1 (NY) et le Saatchi Gallery (Londres). Dernièrement Robertson a publié un livre leporello de son installation photographique de 30m de long, exposée à l'ICP à New York (ed. Self Publish, Be Happy.) Ses oeuvres figurent dans les collections du Museum of Modern Art et du Los Angeles County Museum of Art.

27, 2018 © Mariah Robertson
"Il n'y a pas d'image, seulement une trace sur chaque page de ce qui s'est passé dessus". L'oeuvre est réalisé selon un protocole très expérimental : l'artiste applique directement la chimie photographique au papier, en s'affranchissant des règles habituelles et 'sacrées' de la photographie comme l'interdiction de toucher le papier photographique, l'interdiction de permettre aux plis ou d'autres petits accidents sur la surface du papier; l'interdiction de travailler avec la lumière ou la température non-controlés. Aussi Robertson découpe son papier à la main, le roule en boule et le plonge dans l'évier de son labo; ensuite elle verse de l'eau bouillante dessus, puis de la chimie très froide, tout cela en plein éclairage du jour. Elle applique cette même approche déconstructiviste à l'installation de ses expositions, empilant les cadres du plafond au sol.  

Terri Weifenbach

Née à New York, Terri Weifenbach a passé plus de dix ans au Nouveau Mexique et en Californie. Elle réside aujourd’hui à Paris. La fabrication de livres est au cœur de sa pratique artistique et depuis la publication en 1997 de son premier livre In Your Dreams, elle en a signé 18 autres. Parmi les éditeurs de ses livres figurent Nazraeli Press, Onestar Press and Loosestrife Press. En 2019, elle a publié Des Oiseaux chez les Editions Xavier Barral, dans la collection du même nom. Le travail de Terri est particulièrement apprécié au Japon: depuis 2000 elle a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives dans les galeries à Tokyo, Nagoya et Nara. Terri a collaboré avec l'artiste Rinko Kawauchi sur le livre et exposition Gift (2014) et elle a participé à des ateliers, résidences et colloques organisés par des institutions japonaises. Weifenbach est également enseignante et a donné des cours au Corcoran College of Art and Design, Georgetown University (Washington), et à l'Université Americaine (Washington). Ses oeuvres figurent dans des collections internationales telles le Center for Creative Photography (Arizona), le Sprengel Museum (Hanover, Allemagne) et la Collection Hermès à Paris. Terri Weifenbach est Lauréate en 2015 du prix Guggenheim.

Des Oiseaux © Terry Weifenbach

Réalisées dans le jardin de sa maison à Washington DC, ce diptyque de la série Des Oiseaux (2019) capte la vie secrète de différentes espèces d'oiseaux qui peuplent nos villes. L'objectif de son appareil souvent posé au ras le sol, la photographe dévoile des joutes virevoltantes que se livrent moineaux, mésanges et pinsons dissimulés aux creux de troncs d'arbres ou parmi les frondaisons. Dans cet espace intime, les saisons se succèdent, les couleurs de la végétation se déclinent. Grace à la fois au flou et à l’ultra netteté du détail, Terri Weifenbach nous immerge dans un monde délicat et infiniment petit.

Susan Derges

Susan Derges s’inspire du monde naturel et ses rapports avec la psychologie, la science, le spiritual et l’imaginaire. Ayant travaillé dans plusieurs lieux différents, Derges revient toujours à un endroit particulier, au Dartmoor dans le Devon au coeur de la campagne anglaise, où elle habite et travaille depuis plus de 25 ans et avec lequel elle a forgé avec le temps un rapport quasi forensique avec la nature, retournant aux mêmes endroits pendant le changement de saisons. L’oeuvre de Susan Derges est exposée et collectionnée dans le monde entier. C’est au Japon, où elle a vécu pendant six ans en début des années 80, que Derges a développé son approche photographique singulière et sans appareil photo. Récemment exposé dans le cadre de l’exposition Shadow Catchers au V&A Museum à Londres, son travail a également fait l’objet d’expositions importantes au Royaume Uni, en Suisse, au Japon, aux Etats Unis et au Pérou. Parmi ses nombreuses publications figurent River Taw (Michael Hue Williams Fine Art London 1997), Woman Thinking River (Fraenkel Gallery San Francisco et Danziger Gallery New York 1999); Liquid Form (Michael Hue Williams Fine Art London 1999) et Elemental (Steidl Germany 2010). Son dernier travail Mortal Moon sera exposé ce printemps au Greenwich Maritime Museum à Londres.

Willow est une des oeuvres iconiques et uniques que Derges a retiré en photogravure polymer en édition limitée. L'oeuvre originale date d’une période particulièrement fertile dans la carrière de l’artiste, lors de laquelle elle a décidé de quitter la chambre noire afin de développer ces photographies dans la nature elle-même, immergeant le papier photographique dans les ruisseaux et les criques du Dartmoor, tard le soir. Elle a choisi des lieux qu’elle connait bien, notamment la rivière Taw qui traverse la fôret de Skaigh et le pont du ruisseau de Blackaton Brook, qu’elle prend tous les jours depuis son installation au Dartmoor en 1992.

Willow, 2018 © Susan Dergues
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